Open House

Artist: Marisa Cornejo

Curator: Rodrigo Aldana and Stephanie Prizreni

Place and time: Espace Kugler, Geneva, Switzerland — September 2015

« Open House, est une installation originale de l’artiste chilienne Marisa Cornejo, largement inspirée de l’article d’Aminata D. Traoré: « Ce sont nos enfants » paru dans le Monde Diplomatique en septembre 2015.
    Dans cet article, Aminata D. Traoré nous rappelle que «des milliers de kilomètres de murs sont en train d’être érigés pour séparer les peuples en les dressant les uns contre les autres, alors qu’ils seraient capables d’empathie, de fraternité et de solidarité véritables s’ils se savaient broyés par le même rouleau compresseur (1)». Rouleau compresseur «que la mondialisation néolibérale inflige à tant et tant d’humains de par le monde(2)». Un système qui d’un côté facilite l’exploitation des ressources naturelles par des multinationales sans restriction et qui entrent en compétition directe avec les peuples autochtones qui ne peuvent plus avoir un revenu dans leurs communautés d’origine.
    «Aux injustices et aux frustrations engendrées par ces accords de pêche s’ajoutent l’assignation à résidence et l’humiliation liées à des accords migratoires injustes et déshumanisants(3).»
Dans l’exposition Open House, le curateur Rodrigo Aldana nous invite dans une zone spécifique pour répondre à un questionnaire particulier : Allons-nous tous devenir des réfugiés ? Oui, Non, ou peut-être ou dans une autre vie…? Le spectateur devine au travers des questions dans quelle zone de la (néo)colonisation il se situe, s’il est un damné ou un être avec des droits humains à part entière (suivant la pensée de Fanon dans son livre Peau noire, masques blancs, 1952).

Dans cette installation composée de dessins, de peintures et d’objets, Marisa Cornejo partage l’expérience autobiographique d’une existence dans la zone du « non-être », au travers de rêves anciens et récents, qui donnent forme à cette sorte de questionnaire ouvert à tout le monde. L’exposition engendre un dialectique avec le spectateur : est-ce là le seul avenir de l’Europe que de devenir une sorte de questionnaire ouvert et permanent pour catégoriser les personnes et les populations ? »

Stephanie Prizreni

(1) Aminata D. Traoré, Ce sont nos enfants, le Monde Diplomatique, N°738-62 ème année, septembre 2015, p.28 (2) Ibid. p.28 (3) Ibid. P.28

View of the exhibition.
« I could not comeback », ink on paper, 21 x 30 cm, 2014
Loi des étrangers, objet, diamètre 40 cm, 2015
Photographies: Christophe Jacquemet