OPEN HOUSE

Open House, est une installation originale de l’artiste chilienne Marisa Cornejo, largement inspirée de l’article d’Aminata D. Traoré: « Ce sont nos enfants » paru dans le Monde Diplomatique en septembre 2015.

Dans cette article, Aminata D. Traoré nous rappelle que “ Des milliers de kilomètres de murs sont en train d’être érigés pour séparer les peuples en les dressant les uns contre les autres, alors qu’ils seraient capa-bles d’empathie, de fraternité et de solidarité véritables s’ils se savaient broyés par le même rouleau compres-seur.” (1).Rouleau compresseur “que la mondialisation néolibérale inflige à tant et tant d’humains de par le monde”(2). Un système qui d’un côté facilite l’exploitation des ressources naturelles par des multinatio-nales sans restriction et qui rentrent en compétition directe avec les peuples autochtones qui ne peu-vent plus avoir un revenu dans leurs communautés d’origine. …

“Aux injustices et aux frustrations engendrées par ces accords de pêche s’ajoutent l’assignation à résidence et l’humiliation liées à des accords migratoires injustes et déshumanisants.”(3) 

Dans l’exposition Open House, le curateur Rodrigo Aldana nous invite dans une zone spécifique pour répondre à un questionnaire particulier :
Allons-nous tous devenir des réfugiés ? Oui, Non, ou peut-être ou dans une autre vie…? Le spectateur devine au travers des questions dans quelle zone de la (neo)colonisation il se situe, s’il est un damné ou un être avec des droits humains à part entière (suivant la pensée de Fanon dans son livre Peau noire, masques blancs, 1952).

Dans cette installation composée de dessins, de peintures et d’objets, Marisa Cornejo partage l’expérience autobiographique d’une existence dans la zone du « non-être », au travers de rêves anciens et récents, qui donnent forme à cette sorte de questionnaire ouvert à tout le monde. L’exposition engendre un dialectique avec le spectateur : est-ce là le seul avenir de l’Europe que de devenir une sor-te de questionnaire ouvert et permanent pour catégoriser les personnes et les populations ?

(1) Aminata D. Traoré, Ce sont nos enfants, le Monde Diplomatique, N°738-62 eme année, septembre 2015, p.28 (2)Ibid. p.28 (3)Ibid. p.28

Stephanie Prizreni et Marisa Cornejo

Photography : Christophe Jacquemet