SAFE HAVEN

Safe Haven is a collective exhibition curated by Marisa Cornejo in Espace Kugler, Geneva, in September 2013, to commemorate the 40th anniversary of the Coup d’Etat in Chile.

 

“…Precocious archaeologists of these ruins-in-the-making, indignant or stoical diagnosticians of defeat, enigmatic choreographers of the complex spiritual movements useful for individual survival in an era of permanent apocalypse…” Susan Sontag

L’exposition Safe Haven / Refugio Seguro / Refuge Sûr à l’Espace Kugler à Genève nous invite à porter notre réflexion sur le 40ième anniversaire du coup d’état au Chili. À cette occasion, l’artiste et curatrice Marisa Cornejo invite huit artistes chiliens dont le travail est basé sur le thème de la mémoire dans le Chili actuel, en relation avec le fait que ce pays est devenu un « REFUGE SÛR » (a regional safe haven). Le but de cette réunion est d’exposer leurs œuvres à Genève, cité des banques, des bunkers antinucléaires et des Droits de l’Homme.

Paradoxalement, depuis le coup d’état, le Chili s’est converti en un refuge sûr pour les investisseurs, il est considéré comme le meilleur de l’Amérique Latine. Le Chili est en même temps un modèle de développement qui prive la majorité de sa population de l’accès à un travail bien rémunéré et stable, à une éducation égalitaire et à des services de santé et sécurité sociale décents.

Bernardo Oyarzún, Cristián Valenzuela, Ingrid Wildi Merino, Leonardo Portus et Ximena Zomosa, artistes qui ont grandi sous le régime dicatorial de Pinochet, exposeront leurs stratégies de résistance à l’oubli à travers leur pratique artistique.

L’artiste suisse-uruguayenne Giulia Cilla présentera un travail de mémoire affective sur son pays qui commémore aussi 40 ans de l’irruption d’un régime militaire qui écrasa toute opposition démocratique à l’instar de l’ensemble du Cône Sud du continent.

 

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COMPROMIS

Leonardo Portus

Il s’agit de la récupération du logo de la campagne de recueil de bijoux et d’argent réalisée peu après le coup d’état de la junte pour la “restauration” nationale, situation qui a fait éclater un scandale car la promesse de rendre ces bijoux et cet argent n’a jamais été tenue par la suite. Ceux-ci ont disparu dans des circonstances étranges et la rumeur circule qu’ils se sont retrouvés dans les cassettes à bijoux de femmes de militaires.

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LA HUELLA 2

Marisa Cornejo

Dear Eugenio,

There will be 40 years since they tried to make you disappeared from Chile. You where expelled from your work, taken prisoner and tortured and threaten with death if you did not went into exile. You survived a difficult exile, always giving us the necessary to live. There is also 11 years since your body and spirit separated in Mexico, so that you could go into other world. Since then your experience lived in our exile, which is the cultural inheritance of my conscious life, became an infinite well of wisdom. You have come in my dreams to give me lessons of all kinds. In one of those visits you came to propose me to play, as you thought me in childhood with the engraving plates you did in Bulgaria in 1977. You asked me to bring back this memory engraved in the exile to Chile. I want to thank that I could do your mission in January of this year, it was an immense present to share your engravings reprinting them with the pressure and weight of my body upon the soil of Santiago, the blind territory of an other part of our existence. I hand out impressions to the present public, wonderful and sensitive people that still inhabit Chile today and who hasn’t forgotten us, a miracle. This game I called it performance “La Huella/The Print”, here I am sending you a photo so that you can have an idea and also a proof that the memory of your existence, as the one of thousands of teachers and professionals in exile, full of the richness that might never be able to comeback to Chile physically, is still alive and transcends in us, the ones who have stayed in this wide, beautiful and generous dimension which is our mother earth. Loves you always, Marisa

Geneva, 8 August 2013.

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PRINCIPE D’ INSECURITE

Bernardo Oyarzún

LA SEULE CHOSE QUE JE NE PEUX PAS PARDONNER, C’EST QUE TU NE CROIES PAS EN MOI

Cette phrase concerne les modifications culturelles qui nous font agir et reagir de certaine maniere comme des gardes-fou pleins de violence et d’ intolerance honteuses. Au Chili tout le monde demande pardon comme un acte banal et sans importance, peu vraisemblable apres les atrocites qui s’ y deroulerent et apres 40 ans cela nous est egal et nous voyons une eclaircie historique sur ce qui s’ est passe en 1973. Je peux tout excuser: les assassinats, les viols, les tortures, les mensonges et mes ordres , mais je ne peux pas pardonner que tu ne croies pas en moi.

Cette phrase est une aspiration de la Bible ou Dieu te pardonne tout a moins que tu n’ aies pas la foi ou que tu ne croies pas en lui, c’est un Dieu bon, mais profondement intolerant. Les societes fonctionnent selon ce mythe imparfait et projetent leur imaginaire violent et suicidaire.

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TIME THREAD

Ximena Zomosa

“J’ai utilisé la chevelure comme métaphore du temps, du corps absent/présent du voyage et aussi comme trait pour dessiner.”

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LA CROUTE BLESSEE

Cristián Valenzuela

« En 1972 s’est tenu au Chili la III UNCTAD (United Nations Conference on Trade and Development). Le gouvernement de l’époque, représenté par Salvador Allende, n’avait pas d’espace pour accueillir une telle manifestation, et il proposa alors de construire un édifice en rapport à son importance et à son impact. Dirigé par l’architecte Jorge Wong, le bâtiment, de 40.000 m2, fut construit dans un temps record de 275 jours, en trois huit par jour et où chacun des collaborateurs reçut le même salaire. Après ce premier usage, l’édifice fut projeté en centre culturel, projet annulé par le coup d’état de 1973. Suite à cet évènement et la destruction du palais présidentiel, Pinochet y installa le centre d’opération de la dictature, bloquant ainsi ses transparences (architecturales et symboliques bien sûre). Au retour de la démocratie, l’édifice fut exploité par le Ministère de la Défense, et ensuite fut transformé en centre de conventions. Vers 2006, suite à un étrange “incident” (un incendie), l’édifice fut renouvelé, se transformant (de nouveau) en centre d’activités culturelles.

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Je me rappelle l’horrible sensation que je ressentais lorsque je passais le long de la façade du “Diego Portales” (nom donné à l’édifice par la dictature)… “La gueule du loup”, on l’appelait.

Je me souviens de quelques contrôles de police lorsque j’étais encore un enfant, sous le premier régime démocratique, au début des années 90.

Je me souviens d’une sensation d’oxygénation, quand je suis allé assister à quelques conférences dans le bâtiment à la fin cette même décennie.

Je me souviens d’une sensation de tiède joie, vers le milieu des années 2000, en voyant en flammes cette association (inoubliable) à la dictature.

Actuellement nommé Centro GAM (et non Centro Cultural Metropolitano Gabriela Mistral), il accueille un centre culturel ou le concept d’”industrie culturelle”, c’est à dire ce qui appartient à la production industrielle, est appliqué au champ culturel… une manière additionnelle de se débarrasser du sens réel de l’histoire. »

Cristián Valenzuela

Bruxelles, 2013

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PUNTA CARRETAS 2013

Giulia Cilla

C’est une vidéo expérimentale en 16 mm sur la prison de Punta Carretas à Montevideo recyclée en centre commercial (Shopping Mall) le plus grand du pays. Cette prison a fonctionné pendant la dictature. Je vais recueillir le témoignage d’un artiste visuel, Clemente Padin, qui fut détenu dans cette prison afin de récupérer une partie de la mémoire qu’on veut effacer, qui a été effacée sur le plan de l’architecture. Clemente nous raconte ce qu’on ne peut qu’imaginer. Pour cette raison, la première partie de la vidéo ne contient aucune image. C’est au spectateur de la créer. Dans la deuxième partie de la vidéo, mon corps sert à souligner l’édifice de façon non normative. Je cours autour de son périmètre. Cette action évoque la fameuse fugue des 111 tupamaros (qui a eu lieu dans cette même prison) et les protestations du milieu estudiantin au Chili où on a également recours à ce type d’action pour des manifestations sociales.

Je souhaite avec cette vidéo, ouvrir la réflexion sur le thème de la mémoire et de sa transmission inter-générationnelle et de la chronopolitique. J’utilise, pour ce faire, le format 16 mm qui crée une superposition de temporalités historiques dans laquelle le présent et le passé se mélangent et ouvrent la possibilité de repenser le futur, un futur dans lequel il nous faut non seulement penser au temps présent et oublier le passé, comme nous y incite la nouvelle architecture du Shopping Mail, mais qui englobe aussi le passé et sa complexité.

 

ARCHITECTURE OF TRANSFERENCES

Ingrid Wildi Merino

Video-essay (2 projection)

Part of a research Project 2008 -2014

I was 10 years old on September 11, 1973 when the Chilean Armed Forces supported by the U. S. administration of the President Richard Nixon and his Secretary of State Henry Kissinger carried out the coup d’état in order to oust President Salvador Allende. During his government (1970-1973) President Allende had tried to establish an alternative path to a more just society, the “Chilean road to socialism”, through 97 projects such as the nationalization of copper industry, the acceleration of land reform, freezing the prices of goods, increasing the workers’ wages, the modification of the constitution and the creation of a single chamber. These actions of the Popular Unity government led the Chilean bourgeoisie and Nixon to promote a boycott against Allende by denying foreign loans and requesting for an embargo on the Chilean copper, and finally, there is the coup of September 11, 1973. The noise of bombing La Moneda (presidential palace), the horrorshow, and the image of La Moneda completely pierced by the military’s bullets that I saw during the following weeks would be etched in my mind. Later, similar to many other families, I have to live the dictatorship, migration and exile. (I migrated to Switzerland with my family in the eighties, when I was 18). All this leads to different questions on geopolitics, migration and exile that are reflected in my own work as visual artist and curator. It is the case of my curator project Dislocación, at Santiago de Chile and Berne, Switzerland (2007-2011), and the project Architecture of Transferences, Art, Politics and Technology which is an artistic and multidisciplinary theoretical research that I have been developing during 2008–2014 after I won a competition from the HEAD Genève, Switzerland. The Architecture of Transferences video-essay was carried out in the northern Chile during 2008-2013. It consists of interviews and photos of the copper mines landscape and the desert of the northern Chile. Interviewees are sociologists, economists, anthropologists and local people from Northern Chile. This video-essay ref lects on the geopolitics and the economical system that were implemented in Chile after the visit of Milton Friedmann in 1975. Chile became the neoliberal’s laboratory during the 17 years military dictatorship of General Augusto Pinochet Ugarte. Friedman, the main proponent of this theory and economic system in Chile considered “social market economy is the only medicine” and proposed to gradually dismantle the State and let the laws of supply and demand operate freely, returning to the brainchild of Adam Smith system and updating the quantity theory of money. All these economic and political transformations were possible in a context where the violation of human rights was established as the modus operandi of the military dictatorship.

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GALERIA DANIEL MORÓN PRESENTS

MEMORY CAPSULE

MEYRIN SWITZERLAND 2013-2028

Galería Daniel Morón presents Memory Capsule, a capsule that will remain buried in a public garden in Meyrin, Switzerland, from Sunday 13 October 2013 until 13 October 2038. The Memory Capsule contains objects, photographs, videos and letters with greetings and messages from Chile to the future of the country, and the world. For this project GDM sends a representative to bury the Memory Capsule, containing different objects from the present to be opened in the future, proposing a voyage in time to the limits of the possible, a nearly direct dialogue between two distinct epochs, at the same time addressing the theme of memory as a catalyst for the present. Galería Daniel Morón thus functions as a producer of this precursory mobility, a celebration of the future, in the framework of its Centro Cultural del Tricentenario housed in the MAC Quinta Normal. In addition, this project assures the continuing presence of Chile in a city such as Geneva, with its political and cultural importance, and in a public, frequently visited space, forming particular expectations and a mystery that will last for 25 years, with regards to the buried objects (which will not be revealed at this time). Memory Capsule is sponsored by and has the authorisation of the local authorities in Meyrin, creating a public monument with Chilean origins in a park in this European city. The occasion will begin with a walk starting from Espace Kugler, an art gallery in Geneva that is now home to the exhibition SAFE HAVEN/REFUGIO SEGURO, curated by Marisa Cornejo, and presenting works by Leonardo Portus, Ingrid Wildi and Bernardo Oyarzún, among others. The walk will begin Friday 11 October and will transport the capsule to the Jardin Des Disparus, where it will be ceremonially buried with the presence of the local authorities of Meyrin.GDM’s intention is to question and ref lect upon the idea of time and its transcendence, as well as memory as a fundamental factor in this. With the Memory Capsule and the Centro Cultural del Tricentenario (currently housed in the MAC Quinta Normal), GDM proposes the visualisation of time and the actions therein, the planning of a timetable for a near future, and dispatching thoughts of a future within a wide space of time. GDM’s intention is not simply to look toward the future, but rather to make visible the weight of memory and how this catagorizes us when it is rediscovered. The past is the sole actor of the present. In a way, GDM believes that the past is a bridge between the present and the future, and that the different dialogues that might be had between these points can bring forth a new epoch and a new creation.

Galeria Daniel Moron for SAFE HEAVEN/REFUGIO SEGURO

FRIDAY 20 SEPTEMBER

ESPACE KUGLER. GENEVA, SWITZERLAND.

BURIAL OF THE MEMORY CAPSULE ON SUNDAY 13 OCTOBER

JARDIN DES DISPARUS

MEYRIN, SWITZERLAND

 

Capsula de la memoria capsula de la memoria 2 capsula de la memoria5

capsula de la memoria CAPSULA DE LA MEMORIA, Galeria Daniel Morón